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De l’autre côté de l’espoir

mercredi 15 mars 2017, par SIGNIS France

(d’Aki Kaurismaki. Finlande, 2017, 1h38.)

15 mars 2017 (Michèle Debidour) – Avec cette fable émouvante où l’humour et la fantaisie tempèrent la tendresse, Kaurismaki réenchante notre vieux monde par la générosité et la solidarité.

Six ans après Le Havre où Marcel écrivain devenu cireur de chaussures prenait en charge Idrissa, jeune clandestin africain, le réalisateur finlandais nous raconte une autre rencontre providentielle celle de Wikhström et de Khaled, réfugié syrien. En effet Kaurismaki ne s’en cache pas : il cherche à lutter contre les préjugés et réhabiliter ceux qui fuient en quête d’un pays où il n’y a pas la guerre. Pour autant ses œuvres n’ont rien de films à thèse pesants et distillant un prêchi-prêcha moralisateur. Au contraire ce sont des fables émouvantes où l’humour et la fantaisie tempèrent la tendresse. Le cadre est bien notre monde contemporain marqué, discrètement, par la violence, l’alcool et le chômage, mais ce décor dont les vues nocturnes d’Helsinki — superbes — nous font sentir la menace se trouve réenchanté par la générosité et la solidarité.

Dans le centre de rétention, Khaled fraternise avec Mazdak, Irakien qui lui prête son téléphone, seul lien fragile avec sa famille décimée. Et quand Wikhström va décider d’intégrer Khaled à l’équipe de son restaurant, chacun joue le jeu pour le faire participer au travail et le cacher lors d’une inspection. "J’agis sinon je meurs... Je ne pense pas, je joue. Si la chance est là, les affaires roulent." Telle est la philosophie pragmatique exprimée par une des chansons car les concerts – style rock un brin décalé – contribuent au charme de cette histoire.

Ceux qui aiment Kaurismaki retrouveront avec plaisir les plans fixes et les couleurs saturées qu’il affectionne jusqu’au petit chien qui leur rappellera L’Homme sans passé, l’animal qui au contact de Khaled "apprend l’arabe et se convertit à l’islam". C’est le réalisme poétique façon 2017. Et personne ne s’étonnera que ces hommes de bonne volonté finissent par triompher de l’adversité. De l’autre côté de l’espoir, il y a l’Espérance…

Michèle Debidour

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