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Ecrire des histoires d’espérance malgré les difficultés

mardi 21 mars 2017, par SIGNIS

En mars, des journalistes catholiques asiatiques ont créé un réseau de confiance, afin de faire face aux défis actuels, tels que les « fake news ».

Kuala Lumpur, 21 mars 2017 (Anabella Liang). Est-ce que président indonésien, Joko Widodo, est un desecendant de chrétiens chinois ? Vous l’avez peut-être lu quelque part. Pourtant, c’est inexact. D’autres faux articles indiquent que le pape François approuve l’actuel président des Etats-Unis, Donal Trump, ou qu’un magasin de nourriture de Singapour a commencé à vendre du riz en plastic.

Tous ces articles, connus sous le nom de « fake news », affectent les lecteurs à travers le monde. Dans certains cas, les journalistes se sont trompés. Mais d’autres articles erronés ont été créés délibérément par des opportunistes.

« Une fois qu’une fake news est sortie, peu de monde ne s’intéresse à la correction. Tout le monde garde en tête la première version », explique Mr. Alan John, ancien éditeur du The Straits Times de Singapour. « Ce qui importe, ce sont les ‘likes’ et les ‘partage’. Ca c’est important. Etre exact, ça ne l’est pas », ajoute-t-il.

Il s’est exprimé devant 20 professionnels des médias lors d’une réunion du département journalisme de SIGNIS Asie, qui s’est tenue à Kuala Lumpur, Malaisie, les 10 et 11 mars, autour du thème « communiquer l’espérance et la confiance à notre époque ».

Des participants de 13 pays asiatiques étaient invités. Lors de la conférence d’ouverture, Lawrence John, Vice-président de SIGNIS, a demandé aux participants de profiter du département journalisme de SIGNIS pour apprendre à se connaitre et à créer des partenariats dans la région.

Bien que les participants se disent tous catholiques, la plupart travaillent dans des médias laïques, comme le Korean Broadcasting System (KBS), The Manila Times, Mediacorp, Bernama et The Associated Press.

Lors des différents ateliers et des repas, les participants ont échangé sur les défis auxquels font face les journalistes. Le plus important d’entre eux semblent être ces « fake news ».

Par exemple, l’Inde a annulé ses très populaires billets de 500 et 1000 roupilles en novembre. De nombreux médias ont alors annoncé que les nouveaux billets de 500 et 1000 roupilles avaient des capacités de traçage. « Même les chaines d’infos ont repris cette information, qui était fausse. Le gouvernement a du intervenir », a expliqué Mme. Karen Janice Laurie.

Ailleurs, les journalistes sont régulièrement mis sous pression pour mettre en exergue le travail de certains publicitaires ou de certaines personnalités. Dans des pays en voie de développement, tels que le Cambodge et le Vietnam, la pression est souvent moins subtile : après des conférences de presse, des enveloppes contenant de l’argent sont distribuées aux journalistes.

Un collègue du Pakistan a partagé avec le groupe la dangerosité de parler en faveur de Chrétiens persécutés. Dès lors, il ne signe plus ses articles de son nom.

Pourtant, tout n’est pas sombre. Les participants se sont engagés à regagner la confiance du public en vérifiant les faits et en préférant la véracité à la rapidité. « Nous avons tous toujours essayé d’écrire de manière responsable. Je pense que la demande maintenant est d’être plus consciencieux qu’avant », a dit Mr. John, directeur de l’Asia Journalism Fellowship.

A la fin de la table-ronde, les participants ont élaboré un plan pour continuer à écrire des histoires d’espérances. Les suggestions incluent notamment la création d’un blog, l’expansion du réseau journalistique de SIGNIS et la création d’un bureau d’aide en ligne à destination des professionnels des médias.

« Je pense que j’ai vu le futur de l’Eglise, et des journalistes qui font de bonnes choses pour l’Eglise », a déclaré le père Anucha Joseph Chaiyadej, le seul participant non-laïc, de Thaïlande.

L’Archevêque Joseph Salvador Marino, le nonce apostolique en Malaisie et l’Archevêque de Kuala Lumpur, Julian Leow, ont également participé à quelques sessions.

« La décision d’être une personne intègre vous appartient. Si vous mettez la vérité et votre voi avant vous-même, les opportunités se présenteront », a déclaré l’Archevêque Leow.

Augustine Loorthusamy, ancien président de SIGNIS, a conclu la réunion : « Jésus Christ n’est pas venu pour les Chrétiens. Jésus Christ est venu pour tout le monde. Notre travail dans le monde des communications sociales doit s’adresser à tout le monde. Donc, peu importe ce que l’on fait, on doit avoir une approche globale. »

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